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Essai Omoda 9 SHS-P : la générosité tout en puissance hybride

parOlivier Duquesne
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07 Jan 2026 08h58
Omoda 9 SHS-P
© Olivier Duquesne

Chez Omoda, le prix c’est tout compris. Son SUV hybride rechargeable 9 SHS-P est en outre un véhicule hybride rechargeable avec une grande autonomie électrique. Une automobile chinoise qui cherche à séduire avec puissance, luxe et confort.

Omoda 9 SHS-P

En Belgique, Omoda a déjà une belle représentation avec une vingtaine de revendeurs. Près de 500 exemplaires de cette marque chinoise du groupe Chery ont trouvé preneurs en 1 an. Au sommet de la gamme, il y a l’Omoda 9 SHS-P. Ce SUV de 4,78 m et 2,27 tonnes dispose d’une technologie hybride rechargeable avec un groupe reprenant un 4-cylindres turbo essence 1.5 l de 143 ch et trois moteurs électriques (2 à l’avant de 102 et 122 ch et 1 à l’arrière de 238 ch) pour un total de 537 ch (395 kW) et 650 Nm. Toutefois, la puissance système nominale du certificat d’immatriculation indique 462 ch (340 kW). Les 4 roues motrices de l’engin affranchissent le tout pour réussir un 0 à 100 km/h en 4,9 s. Une jolie fiche qu’il aura fallu dompter sur la neige pour cet essai, avec des pneus été !

Omoda 9 SHS-

Élégance

Imposante, l’Omoda 9 SHS-P n’est pas grossière pour autant. Le style est propre au bel équilibre avec un toit plongeant se terminant par un becquet en visière de la lunette arrière accueillant un 3e feu-stop en 2 parties. Ses roues de 20 pouces apportent de la prestance à la caisse aux épaules hautes. Pour s’enorgueillir, l’Omoda 9 dispose de quatre (fausses) sorties d’échappement.

Omoda 9 SHS-P

À bord, l’univers en cuir est soigné. Malgré la grande dalle trônant sur la planche de bord, il y a encore des commandes physiques, dont un trio malin sur la console. Pour le réglage des sièges, il faut utiliser les boutons sur la portière. En parlant de boutons, il y en a aussi un pour quitter la voiture. Sinon, vous pouvez utiliser la poignée près des commandes de vitres.

Omoda 9 SHS-P

L’habitabilité arrière est importante pour la clientèle chinoise. Omoda a donc veillé à offrir une banquette confortable et spacieuse. Malgré le toit fuyant, une personne de grande taille peut s’y installer correctement sans pliage inconfortable. Le coffre dispose d’un volume de 660 l. Toutefois, le cache-bagage et la ligne de la poupe réduisent un peu cet espace. En rabattant les places arrière, le chargement passe alors à 1783 l.

Omoda 9 SHS-P

Sous le plancher, il y a de petits compartiments. Toutefois, ils sont un peu étroits pour y laisser le câble de type 2. Et aucun crochet pour y pendre un sac de courses ou de petites affaires bien utiles. Heureusement, dans l’habitacle, il y a pas mal d’espaces de rangement et une vraie boîte à gants. Après avoir installé vos bagages, vérifiez quand même que le hayon électrique ne s’est pas rouvert. Le capteur d’ouverture sans main est très sensible. Il s’est même ouvert en passant pour mettre le câble de recharge sur la prise CCS !

Omoda 9 SHS-P

Moteur(s)

Pas de bouton Start/Stop pour démarrer l’engin. Il suffit de mettre le pied sur l’accélérateur et de sélectionner le rapport avec le sélecteur à droite du volant. Mais où se trouve le bouton du frein à main ? Il n’y en a pas. La voiture ne le désactivera que si la ceinture est bouclée. Et en la détachant, le frein à main s’enclenche automatiquement. Certes, il y a moyen de forcer l’opération via l’écran.

Omoda 9 SHS-P

C’est aussi sur le tactile qu’il est possible de couper le moteur lors d’un arrêt. Mais attention : le multimédia s’éteint également avec le double écran devenu tout noir. Dommage, car le système Sony à 13 haut-parleurs peut être associé à l’éclairage d’ambiance pour vibrer au rythme de la musique… À l’extérieur aussi, la voiture peut briller de mille feux avec différentes signatures d’accueil.

Omoda 9 SHS-P

Avant de prendre la route, attardons-nous un instant sur la dalle de 24,6 pouces trônant sur la planche de bord. Elle permet d’accéder aux différentes fonctions du véhicule. Elle est aussi compatible avec Apple CarPlay et Android Auto, sans fil. Dans ce cas, les raccourcis pour revenir facilement aux menus du système constructeur disparaissent. Pas pratique !

Omoda 9 SHS-P

Il y a certes l’étoile programmable sur les boutons du volant. Pour notre voiture, la commande stellaire envoyait vers les aides à la conduite. Mais il y avait trop de manipulations à faire pour couper, par exemple, les alertes de vitesse (d’autant que les limitations convoquées sont souvent folkloriques). Il y a également la possibilité de faire glisser un panneau coulissant du menu personnalisable de raccourcis. Mais parfois, à la place, on déplace la carte de la navigation. C’est vite agaçant.

Omoda 9 SHS-P

Ce qui est encore plus pénible, ce sont les couacs ergonomiques. Les trois boutons rotatifs sur la console centrale sont intéressants. Ils sont là pour la climatisation (gauche et droite), les modes de conduite, les feux de détresse (central) et le volume (droite). Mais voilà, pour profiter des sièges chauffants et ventilés, il faut accéder au menu sur l’écran. On peut le trouver facilement si on a gardé l’univers Omoda sur l’écran. En projetant le système de son smartphone, c’est plus complexe.

Omoda 9 SHS-P

Il est toutefois possible d’y arriver en appuyant d’abord sur le bouton du siège massant, au pied du siège. Ensuite, il faudra couper le massage, changer de menu et activer le chauffage ou la ventilation. Il est aussi possible d’y accéder via le menu de climatisation activable via le bouton de la console. Sauf que si par la suite on souhaite laisser la climatisation en mode auto : la fonction chauffage/ventilation du siège sera coupée. C’est tout aussi compliqué pour activer le dégivrage électrique du pare-brise ou le volant chauffant… Autre chinoiserie : la mauvaise qualité de la réception DAB.

Omoda 9 SHS-P

En route

Compte tenu des conditions climatiques, j’ai surtout tourné le bouton central pour passer en mode Neige ou Eco. L’Omoda 9 SHS-P offre aussi des réglages de conduite Normal, Sport, Sable et Tout-terrain. La batterie de 34,46 kWh autorise une conduite électrique durant 145 km (WLTP). Dans les conditions hivernales de cet essai, l’autonomie était de 110 km. Ce qui est vraiment pas mal. La voiture peut évidemment se recharger sur une borne rapide si nécessaire, à 65 kW maximum. Pour récupérer au moins 80 % de batterie en 30 minutes environ (même en hiver). À la maison, au centre commercial ou au travail, sur une prise AC, elle est malheureusement limitée à 6,6 kW.

Omoda 9 SHS-P

Avec ses 70 l d’essence dans le réservoir et la batterie chargée à bloc, cette Chinoise peut théoriquement rouler durant 1100 km avant de devoir faire un plein. En promenant le SUV, j’ai vite placé la voiture en mode hybride pour mieux l’appréhender. La boîte automatique n’a que 3 rapports. Et en mode HEV, on remarque une chose : la conduite électrique est favorisée. De plus, la batterie garde toujours un peu de réserve, le bloc thermique peut aussi la recharger si nécessaire.

Omoda 9 SHS-P

La consommation de pétrole fait évidemment de grands écarts selon les mouvements du pied droit et  la capacité dans la pile. Une fois qu’elle est bien entamée et que la conduite se fait sur autoroute, la moyenne a été de 6,4 l/100 km. Mais nous avons eu des bilans de 3,4 l/100 km à 8,2 l/100 km en fonction des différents parcours. Ce qui, pour un tel engin, est plutôt remarquable. Pour un petit trajet quotidien après une charge à domicile, le bilan pétrolier sera presque nul alors que la consommation électrique tournera entre 23 et 30 kWh/100 km.

Omoda 9 SHS-P

No stress

Le châssis de l’Omoda 9 SHS-P utilise une suspension pilotée électromagnétique. Cet amortissement efficace participe au confort ressenti. L’insonorisation est également un autre atout de cette voiture. Le moteur thermique, malgré la transmission à 3 rapports, reste toujours discret. Seul un bourdonnement sort parfois du capot. Preuve d’une belle maîtrise de l’hybridation et de l’utilisation optimale des différentes énergies. En tournant la molette du mode Neige vers le mode Eco tout en progressant, il faut d’abord passer par les modes Sport et Normal qui cabrent le SUV. Preuve qu’elle a de la réserve sous le capot. Sur terrain non glissant, le SUV peut ainsi vraiment montrer ses muscles.

Omoda 9 SHS-P

Toutefois, il ne faut pas s’imaginer en pilote à son volant. Notre monture est puissante et dynamique, mais elle n’est pas du tout sportive. La caisse risque de ne pas suivre les ambitions d’un conducteur trop exigeant. D’autant que la direction reste peu informative. En gardant la tête froide, la voiture n’est pas dangereuse pour autant. Le sol glissant a permis de vérifier que les contre-braquages imposés par le sol, à vitesse raisonnable, étaient suivis d’une correction de trajectoire adéquate, avec l’aide électronique de bon aloi.

Omoda 9 SHS-P

Une brève sortie sur un chemin cabossé et gelé a permis de vérifier que la transmission intégrale n’est pas qu’un gadget. Évidemment, l’Omoda 9 SHS-P n’est pas taillée pour partir en expédition polaire ou désertique de grande aventurière. Par contre, pour voguer sur autoroutes ou pour découvrir les arrière-pays, ce SUV chinois haut de gamme a de quoi séduire. Surtout avec son prix.

Omoda 9 SHS-P

À la caisse

Chez Omoda, la configuration est très simple à faire pour la 9 SHS-P. À part le choix de la couleur entre le blanc, le gris clair, le gris foncé et le noir en option à 0 €, tout est de série : affichage tête haute, régulateur de vitesse adaptatif, sièges tout confort à l’avant et à l’arrière, toit ouvrant panoramique, sono Sony, jantes 20 pouces, branchement V2L d’un appareil électrique, hayon électrique, etc. Dès lors, le prix est simple à calculer : c’est 52.900 € en Belgique en janvier 2026 quoi qu’il arrive. Attention : en Wallonie la taxe TMC sera de 1638 € à cause de la masse maximale autorisée MMA de 2717 kg. Omoda (et son homologue Jaecoo) ne sont pas encore distribuées au Grand-Duché de Luxembourg, en France et en Suisse. Mais cela ne saurait tarder.

Omoda 9 SHS-P

Verdict

L’Omoda 9 SHS-P a de la stature. Elle offre toute une panoplie d’équipements technologiques et de confort que d’autres font payer cher et vilain. Elle a de la puissance aussi. Toutefois, cette réserve thermique et électrique est avant tout là pour le dynamisme. Ce SUV chinois doit plutôt se conduire en mode sérénité pour profiter de son confort et de son ambiance feutrée. Un calme olympien qui pourrait être perturbé par des alertes impromptues et impossibles à désactiver d’une simple commande.

Omoda 9 SHS-P

Il y a aussi les rapides rappels à l’ordre quand on utilise l’écran tactile durant la conduite. Mais comment faire autrement compte tenu de la complexité de certains menus. Et les coupures de son incessantes de la radio sont indignes du soin apporté par ailleurs. Car l’habitacle est accueillant avec des boutons bien imaginés, mais perfectibles pour certaines utilisations. Cependant, franchement, à un peu plus de 50.000 € qui est capable de faire aussi bien en matière de confort, d’autonomie en PHEV et d’équipement ? Peu de constructeurs en vérité.

Omoda 9 SHS-P

 (Olivier Duquesne – Source : Omoda – Photos : © Olivier Duquesne)

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